Ne pas se contenter seulement de la lecture,
En venir soi-même, un jour, à l'écriture,
Accoucher enfin
De ces feuillets où ma faim
Est livrée en pâture.
De ratures en moutures,
Suivre sa pente, son talent, sa nature,
Oser, tenter ce luxe, partir... à l'aventure...
Accepter puisque je suis des mots,
De les parler,
Les mettre en ligne.
Écrire pour toi futur vecteur,
Pour toi mon lecteur,
Pour l'aveu pur et nu
Pousser un cri, un droit d'auteur.
Pour toi, liseur d'essai,
Écrire, non par hasard,
Mais par nécessité,
Le choix du pire,
En toi m'inscrire quitte à souffrir.
Être le soi disant
Taquiner le soi distant,
"S'exister".
En soi souscrire quitte à sourire.
Écrire à ma souvenance
Mon unique romance.
De la grille du complexe
M'extraire,
De la gangue du socialement correct...
M'extirper !
Exploiter mon penchant de femme poétique,
Exercer mon droit de Femme politique,
Pour mon bien voter pour l'écrit,
Pour y prôner la paix.
Le choix à tout prix.
Écrire pour rire à en pleurer,
Par mon désir.
Parce que tel est mon bon plaisir.
Écrire pour déduire,
Pour à vrai dire aussi séduire...
Écrire par jeu l'enjeu du Je sans se leurrer,
Écrire le trop, le peu, le manque.
Tout flammes,
Noircir des pages,
Blanchir son âme.
Brûler d'un feu léché
Sentant le renouveau,
S'immoler sous le flux
Des pensées innommables,
Replonger avec joie
Dans ses feuillets
Le soir
Toucher l'intime
Jusqu'à l'ultime.
Et au delà de toute pudeur
Épurer
Élaguer
Mettre à jour
La nuit.
Rêver d'écrire, être inspiré,
Se laisser aller.
Se délivrer de ses maux
Au bas mot bien salés.
Transpirer pour les transcrire
Sans pour autant mourir d'écrire.
Enjamber l'alphabet,
Le politiquement correct.
Mourir à soi,
S'ouvrir et composer,
Écrire d'aimer,
Se coucher
Puis se signer
De tant avoir rimé
Jusqu'à mûrir d'écrire.


